Search - Minitek Discussions
Search - EasyDiscuss
Search - Ignite Gallery
Search - Categories
Search - Contacts
Search - Content
Search - News Feeds
Search - Web Links
Search - Tags
Search - Easy Blog
Takunda Ralph Michael Chingonzo et Barack Obama au forum Afrique-USA à Washington

La belle et gracieuse Afrique n’a jamais cessé d’intéresser le reste du monde. C’est même une lapalissade de parler ainsi. De loin, elle est regardée, scrutée et passée au peigne fin. Cette admiration, lui gratifie aujourd’hui les plus belles prévisions. Le tout, est toujours conclu par cette encourageante phrase et pleine d’espoir : « l’Afrique est le continent de demain ». Aujourd’hui, toutes les puissances ont accentué leur présence sur ce continent ; la France toujours omniprésente à l’ouest, la Chine n’a pas de préférence et jette ses tentacules partout et les USA se logent eux sur la corne de l’Afrique. Avec une présence militaire solide, Washington commence, ces derniers temps,  à s’intéresser aux autres parties du continent. L’administration d’Obama a donc concocté, sa propre recette pour séduire l’Afrique et « s’implanter durablement ».

Pourquoi ce regain d’intérêts du pays de l’oncle Sam pour l’Afrique ? Où en sont les rapports «Africano-américains » ? Comment interagissent les deux continents? La Factory vous propose quelques pistes de réflexion.

Les chiffres sur l’Afrique donnent le tournis : 1,1 milliards de personnes habitent en Afrique, cinq des 10 économies à la croissance la plus rapide au monde selon « the Economist », l'Afrique est le plus jeune des cinq continents ; 50% de sa population est âgée de moins de 20 ans.

A côté de ces projections qui donnent à l’Afrique, une image de jeune rose qu’il faut séduire, on retrouve également les épines qui pourraient faire fuir. Il existe, des poudrières presque dans chaque coin du continent : Congo, Centre-Afrique, Somalie, Soudan, Mali... l’Afrique accueille le plus grand centre de réfugiés au monde : le camp de Daadab au Kenya avec ses 335000 habitants, il est 50 fois plus peuplé que la jungle de Calais. Il est le résultat des tensions au Somalie qui ont fait fuir des milliers de personnes.  En évoquant les maux de l’Afrique on n’oublie pas le terrorisme qui fait partie aujourd’hui des difficultés majeures auxquelles sont confrontées les populations. Et les groupuscules qui se réclament d’Al Qu’aida ou de l’Etat islamique sont devenus fréquents sur le continent. Autant de problèmes qui officiellement peuvent légitimer la présence des puissances occidentales comme les Etats-Unis sur le continent.

D’ailleurs la présence militaire américaine en Afrique est d’abord caractérisée par la lutte contre le terrorisme. Présents sur la corne de l’Afrique (Le camp Lemonnier à Djibouti) un point stratégique qui baigne à la fois dans la Mer Rouge et le Golfe d’Aden, les américains contrôlent aujourd’hui cette région au cœur de la lutte anti-terroriste. Washington ne communique presque pas sur ses opérations sur cette partie du continent.

Selon un responsable du Pentagone cité par les médias internationaux, dont le magazine « le point », près de 3200 militaires et civiles américains travaillent dans cette base, plaque tournante des activités militaires américaines dans la corne de l’Afrique rongée également par la piraterie. A travers cette source, on apprend également que des drones quittent ces bases pour bombarder l’Etat Islamique et Al-Quaida au Yémen et les Shebbab au somalie. Des sources affirment également qu’Oncle Sam dispose de 300 militaires et d’un avion de contrôle en Ouganda. 120 soldats au Nigéria, 20 militaires en Somalie pour entrainer et fournir des conseils aux forces armées somaliens, 100 militaires au Niger et des troupes relevant du 18e régiment militaire américain pour stabiliser le Soudan du Sud. Au total les américains disposeraient de 12 bases militaires « secrètes » en Afrique selon ZonemilitaireOpex360.com

Faudrait-il accepter cette coopération militaire avec les Etats-Unis ? Pourquoi d’ailleurs étaler cette question ; est-ce que le choix se pose-t-il vraiment ? Kemi Seba, un des conférenciers les plus prolifique en terme de présence dans les milieux universitaires en Afrique Francophone et fondateur de la Tribu Ka préconise la cohérence et invite les nations africaines à éviter de suivre « Géopolitiquement aveuglement certains pays.

« Les sociétés civiles africaines devront se prononcer prochainement sur des questions, et faire pression sur les dirigeants qui choisiront le mauvais camp. Car si on laisse une fois de plus nos élites nous entrainer dans la mauvaise direction, la facture risque cette fois d’être beaucoup plus salée. Et nous risquerons de ne plus jamais nous relever ».

Le polémiste panafricain va même plus loin et demande encore plus de pragmatisme de la part des chefs d’Etat Africain :

« L’Afrique sera donc bientôt à l’heure des choix. Elle ne pourra pas éternellement dire qu’elle lutte mollement contre Bokko Haram  et s’allier ceux qui financent, entrainent, Daesh, Boko Haram ».

Cette présence en Afrique pour la lutte anti-terroriste depuis septembre 2001 a beaucoup évolué et prend  une dimension plus large. En s’appuyant sur les travaux du « Bureau of investigative journalism association »,  qui cherche à faire la lumière sur la guerre secrète des Etats-Unis contre l’extrémisme, on apprend que les USA ont réalisé entre 10 et 14 frappes, entre 8 et 11 opérations secrètes en Somalie depuis 2001.

Aujourd’hui, les troupes d’élite du JSOC (Joint Special Operations Command of Pentagone) l’organisme chef de file dans la lutte contre le terrorisme en Somalie, sont régulièrement déployés sur le terrain pour des opérations de surveillance, de reconnaissance, d’assaut et de capture. Ces dernières années, le Kenya et l’Ethiopie ont envahi les parties de la Somalie. Selon The Bureau of Investigative Journalism, cette entrée en Somalie a été réussie grâce à l’aide militaire des Etats-Unis. Les forces du JSOC auraient profité de ces évènements pour effectuer des opérations plus intensives contre des militants en utilisant souvent des hélicoptères, des frappes aériennes.

Après l’Est, la conquête se poursuit à l’ouest. Une base a été créée récemment au Burkina Faso. Selon les spécialistes, elle sert de point de départ pour survoler le nord Mali (Al-Qaïda au Maghreb islamique, Ansar Dine, MNLA) ; cette base a pour principale mission de renseignement. Cette arrivée en Afrique de l’ouest se confirme avec cet accord de coopération avec le Sénégal signé en mai dernier. Une coopération pour des exercices conjoints accès pour les forces américaines aux installations aéroportuaires sénégalaises en « cas de crise ».

A l’exception de l’Egypte, l’ensemble du continent relève de la compétence du commandement des USA pour l’Afrique (AFRICOM). L’Egypte reste cependant un point d’une grande importance pour les américains, au-delà du renseignement et du combat que Washington mène contre les frères musulmans, l’objectif est de contrôler le flux commercial mondial depuis l’entrée sud du canal de suez par où transitent 70% du pétrole exporté des pays du golfe vers l’Europe et les Etats-Unis.

African or Américann growth…..

Si l’AFRICOM est la branche militaire américaine pour assurer sa coopération avec l’Afrique, Washington a également initié l’AGOA pour intensifier ses échanges commerciaux avec l’Afrique. En juin 2015, le président américain Barack Obama a signé le renouvellement jusqu'en 2025 de l'African Growth and Opportunity Act (Agoa). Cette loi américaine adoptée en 2000 exempte de droits de douanes un ensemble de produits en provenance d'Afrique subsaharienne.

Depuis son entrée en vigueur, le commerce et les investissements liés à l’AGOA ont créé plus de 300 000 emplois en Afrique. Le montant des investissements américains en Afrique subsaharienne a atteint 53,8 milliards USD en 2015. Ce montant était  de 8,1 milliards USD en 2001. L’AGOA apparaît comme la principale arme à la disposition du gouvernement américain dans la compétition commerciale internationale qu’il mène en Afrique principalement avec la Chine et l’Union européenne.

 

Aujourd’hui la bonne foi de Washington n’est pas aussi évidente. L’AGOA a fait l’objet d’attention sur certains aspects juridiques. Bien que perçue comme une alternative basée sur des préférences commerciales, l’AGOA va au-delà du système de préférences généralisé habituel en déterminant les modalités de commerce, de développement, les priorités et opportunités sans offrir de bénéfices macroéconomiques. A cause de ces conditionnalités, elle aurait pu s’appeler Américan Growth and Opportunity. Unilatérale dans sa conception comme dans sa mise en œuvre, elle ne prévoit pas de mécanisme de règlement de différends.

La mondialisation entraine des paramètres qui font qu’il est impossible de vivre dans le protectionnisme. Les mérites de coopérer avec les autres marchés du monde n’est plus à démontrer. Afin de générer des revenus durables, l’Afrique doit repenser la nomenclature de son commerce. Les pays africains sont motivés à aller vendre hors des frontières africaines et entre pays africains les échanges sont presque inexistants : il n’y a que 13% des échanges commerciaux entre pays africains, 50% entre pays asiatiques et 80% entre pays européens.

Dans une perspective de réinventer et de repenser ses coopérations, l’Afrique doit comprendre l’impact que peut avoir le choix de ses alliés. L’enjeu aujourd’hui c’est de mobiliser des expertises locales, des chercheurs locaux et que la définition des politiques publiques ne soient pas des mails envoyés depuis Washington, Paris ou Londres, mais qu’elles soient construites sur place.

Commentaires (0)

There are no comments posted here yet

Ajouter vos commentaires

Posting comment as a guest. Sign up or login to your account.
Pièces jointes (0 / 3)
Share Your Location
Tapez le texte présenté dans l'image ci-dessous. Pas clair?

Newsletter

Au sujet de La Factory

La Factory est l'un des plus anciens webzines de la planète avec nombre de refondations au fil des années. La partie "journal' est réalisée par des ami-associés-journalistes qui se partageront les bénéfices. Vous êtes les bienvenus pour nous rejoindre, quelle que soit votre spécialité. Notre second projet ? changer le monde. La plateforme de blog, dépourvue de publicité et strictement à but non lucratif doit regrouper des milliers de bloggeurs exclusivement de gauche progressiste, du monde entier et dans toutes les langues.